Merci à Noémie pour la trouvaille !Shy'm: «Travailler avec K-Maro est franchement idyllique»
Shy'm nous parle de son nouvel album, «Reflets», de son évolution et de sa collaboration avec K-Maro.
L'essentiel: Votre nouvel album s'appelle «Reflets». Qu'avez-vous souhaité refléter dans cet opus?
Shy'm: J'avais envie de parler de sentiments, un peu plus que sur le premier car je me sentais plus apte à le faire. Je tenais aussi à aborder certains thèmes en fonction de mon vécu, de mes espérances tout en gardant une certaine réserve.
Comment se passe la collaboration avec K-Maro?
Travailler avec K-Maro est franchement idyllique. Nous avons fait un travail qui a dépassé mes attentes sur le premier album et j'avais envie de renouveler l'expérience pour le deuxième. Je m'entends très bien avec lui ainsi qu'avec les personnes qui travaillent pour nous. Je pense que c'est très important de se sentir en confiance quand on est en studio.
Vous avez également pris confiance au niveau de l'écriture car vous avez coécrit le titre «L'unique».
Pas forcément. En fait, cela s'est fait très naturellement sur ce titre. Il y a un certain temps que j'ai écrit le texte et pour ce disque, j'ai eu l'aplomb de le proposer à K-Maro. Il l'a trouvé intéressant et nous l'avons retravaillé.
Vous êtes née à Trappes, vous avez grandi en métropole et vous revendiquez vos origines martiniquaises. Comment vivez-vous ces deux identités?
Je le vis très bien. Je ne me suis jamais sentie tiraillée entre deux terres. Le mélange est une richesse que ce soit de couleurs, de cultures, d'idées... Ça nous ouvre l'esprit et ça nous rend plus tolérant.
Votre pseudonyme est composé de Shy qui signifie timide et du M de Martinique. Comment peut-on monter sur scène quand on se reconnaît timide?
C'était quelque chose qui m'agaçait parfois car ça m'empêchait de faire des choses. Le fait de me mettre devant mes obstacles m'a aidé en m'obligeant à y faire face. On apprend ensuite à canaliser sa propre timidité. Chanter a ainsi été une forme de thérapie.
Cet album a un son nettement plus dancefloor que le précédent. Comment avez-vous choisi cette direction musicale?
Les trois ans qui se sont écoulés depuis la sortie du premier m'ont permis de découvrir de nouvelles musiques et d'affiner la direction musicale que je souhaite prendre. Il est vrai que le son est plus dancefloor avec également des sonorités pop et électro. On s'est permis plus de choses sur cet album, on ne s'est pas limités à la case R'nB dans laquelle on me met d'habitude. On a essayé de nouveaux sons et en fait, on s'est beaucoup amusés sans trop se poser de questions.
L'album comporte à la fois des titres up-tempo mais aussi quelques ballades. Dans quel répertoire vous sentez-vous le plus à l'aise?
Je ne pourrais pas faire un choix. Dans les morceaux up-tempo, dans les rythmes rapides, il y a une sensation que je trouve exaltante. Cela me prend au corps et je me reconnais dans le mouvement, dans la danse. En ce qui concerne les ballades, il y a des sentiments, des émotions et des atmosphères que l'on ne peut pas retrouver ailleurs. Je pense que les deux se complètent dans mon univers et j'ai besoin de ces deux composantes.
Le titre «Step back» vient d'être envoyé en radio. Comment avez-vous rencontré Odessa Thornhill qui assure un featuring sur cette chanson?
Je l'ai rencontrée en travaillant sur l'album «Million Dollar Boy» de K-Maro. Odessa était choriste et je l'ai juste trouvée extraordinaire. Sa voix est magique. D'ailleurs, je l'appelle «l'extraterrestre». J'avais envie que l'on collabore ensemble et elle a tout de suite accepté.
Votre premier album «Mes fantaisies» a été certifié platine. Comment vit-on un succès aussi rapide?
Je le vis bien. Je pense que c'est très important d'être bien entourée. Cela permet de garder les pieds sur terre et la tête sur les épaules. C'est une énorme chance de vivre ça donc j'ai aussi la tête dans les nuages. Cependant, j'ai conscience que cela peut s'arrêter du jour au lendemain et qu'il faut donc travailler pour que ce succès dure. Quand j'ai appris que l'album «Mes fantaisies» était certifié platine, ce fut une énorme surprise et j'en ai pleuré de joie. C'était une très belle récompense et une reconnaissance de la part du public.
Est-ce que vous vous sentez en concurrence avec d'autres chanteuses telles qu'Amel Bent ou Sheryfa Luna?
Pas du tout car l'important est de se créer une particularité. Je suis passionnée par la danse depuis très longtemps et je l'intègre à ma signature artistique. Je n'ai pas inventé cette passion pour vendre des disques donc je pense que le public est sensible à cette sincérité. Pour le moment, peu d'artistes sont sur ce créneau chant et danse mais cela peut rapidement changer. Je me mets en concurrence avec moi-même afin de ne pas me reposer sur mes acquis.
De nombreux artistes tentent l'album en anglais, dont votre producteur K-Maro par exemple. Est-ce une expérience qui vous intéresse?
Je n'y pense pas pour le moment. Le public francophone a du mal à accueillir un artiste qui se met à l'anglais. K-Maro est bilingue et c'était une évidence pour lui de faire un disque en anglais. En ce qui me concerne, ne le parlant pas, je ne m'imagine pas le chanter. Je vais déjà commencer par l'apprendre.
Propos recueillis par Kalonji-Willy Tshinza
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